Courir.
Jamais ils ne comprendront comme ce mot rime avec fuir...
Partir dans les chemins à l'aube, traverser les bois, suivre le cours de la rivière, et bien sûr, se perdre...
Courir des kilomètres sans savoir où l'on se rend, s'épuiser, se vider, s'oublier...
Un peu de musique, parfois forte dans la colère, pour rythmer ces minutes cadencées. Toujours cette même douleur qui me prend, l'ignorer, la combattre, la réduire en poussière...
Se couvrir les jambes de boue, d'eau vaseuse; le corps couvert de poussière et de transpiration, chaque pore de la peau qui pleure.
Mais jamais les yeux pour ne pas perdre de vue sa route....
Compétition, ces êtres qui se poussent et s'entrechoquent dans la terre déjà piétinée, certains qui tombent ,passent sur leur corps des milliers de pieds pointés avant qu'ils ne se relèvent... Souffles coupés et haletants, on hait celui qui est devant, déchirer sa peau pour tendre plus loin la jambe, mâchoires serrées, visage déterminé, on franchit la ligne d'arrivé debout en accélérant puis on se tombe dans les bras mais au fond, la course ne s'arrête jamais.... (Je ne pourrais m'empêcher de l'y glisser: lisez "Marche ou crève" de Stephen King...)
Pour photo, le célèbre bois de la ville où j'ai vu le jour. Tout cela je le retrouverai....